Retour sur: Blade Runner

Blade Runner, un nom qui signifie pour beaucoup un film culte du genre cyberpunk. Boudé à sa sortie en 82 et ayant traversé de multiples versions jusqu’à son final cut de 2007, ce film a su marquer le cinéma de son empreinte en influençant de nombreuses œuvres, jusqu’à sa suite en 2017.

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Blade Runner est l’histoire de Rick Deckart ancien Blade Runner chargé de poursuivre et retirer un groupe de replicants rebelles cherchant à prolonger leur existence. J’ai globalement résumé par cette simple phrase l’histoire de Blade Runner. Mais son intérêt n’est pas là, c’est plus un fil rouge qui permettra au film de rentrer dans ses thématiques les plus profondes et de côtoyer des personnages travaillés en laissant toute notion de manichéisme de côté, où la frontière entre humain et robot n’a jamais été aussi fine entre un Harrison Ford désabusé et le regretté Rutger Hauer en « antagoniste » (le mot est presque trop fort) adepte de philosophie en slip.

Le reste du casting est globalement au niveau des protagonistes principaux, donnant vie à des personnages qui ont du corps et de réels buts.

Crasse, néon et volupté

L’autre point fort du film, c’est son esthétique entre univers sombre et sale éclairé de néon sous la pluie et ses grandes et impérieuses pyramides siège de la Tyrell Corp, responsable de la fabrication des réplicants. L’univers est grouillant de personne bien que l’on ne s’attarde que bien peu sur la société en elle-même et que l’on se concentre seulement sur la quête de notre antihéros. Comme sa suite s’en souviendra tout en amplifiant ce constat, le film offre de nombreux plans marquants comme le plan d’accroche de cet article (l’un de mes plans cinématographique préféré) mettant en valeur le charisme du personnage de Rachael (dont on va reparler, croyez moi).

On a donc un scénario, des acteurs à leur meilleur, un film avec un univers marqué alors que nous manque t’il ?

Les Vents Gélis

Blade Runner ne serait pas ce qu’il est sans ce score musical tantôt électro, tantôt intimiste qui souligne et sublime les plans ou les situations qui nous sont données à voir à l’écran. Parfois majestueuse comme dans sa scène d’introduction, ou plus jazzy dans les scènes avec Rachael, Vangelis laisse ici une de ses œuvres les plus marquantes qui finit de parachever une partition presque parfaite.

Tout n’est pas rose au pays du cyberpunk (Attention Spoiler)

Vous vous rappelez de Rachael? Et bien on va en parler. Parce qu’il y a un problème. La prestation de l’actrice ? Non Seann Young est magistrale et envoûtante dans ce rôle et l’on ne peut regretter que la suite de sa carrière n’est pas été du même acabit. Le problème tient en une scène. Mais pour ça, il faut spoiler une partie du film. Le personnage nous est présenté à travers une scène d’interrogatoire où elle malmène notre antihéros en se jouant de ses questions allant même jusqu’à le provoquer. Elle apparaît ainsi comme un personnage féminin fort et cela laisse augurer le meilleur pour la suite. Peu à peu, une relation commence à émerger avec Deckart où les deux personnages se rapprochent et c’est là que tout dérape.

Rachael apprend qu’elle n’est en réalité pas humaine et donc une replicant. Cela implique plusieurs choses: elle a vécu toute sa vie dans un mensonge et sa vie va bientôt arriver à son terme. Après que notre antihéros ait tenté de l’embrasser, elle veut quitter l’appartement de notre détective qui décide de bloquer la porte. Il plaque cette dernière en pleur contre le mur et l’embrasse. Comme si cela n’était pas suffisant, il lui intime de répéter plusieurs choses comme « embrasse moi » et « j’ai envie de toi ». Romantique n’est ce pas ? Je crois que le code pénal à quelques expressions pour qualifier ce genre d’acte sous la contrainte.

Et après ça? Ah ben c’est l’amour fou, on ne reviendra pas sur cet événement et le film ne le condamnera pas. Oui, l’on est face à un antihéros, Rachel est une replicant et donc un androïde peut il consentir? Mais plus ça va, plus cette scène me choque et le film en continuant l’histoire comme si de rien n’était tout en nous montrant des replicant capable de choix forts et de mener leur existence de manière libre, c’est une grosse fausse note qui gâche cette relation. Oui, l’on est face à un film de 1982 et cette question n’a pas dû être ne serait ce qu’envisagée. Et c’est bien dommage.

Moi, Blade Runner et le cyberpunk

Je suis une personne en proie à la mélancolie et Blade Runner m’offre une bulle toute trouvée pour me retrouver dans cet état. Ce film, ses thématiques, son univers cyberpunk me parlent et il reste aujourd’hui un de mes films préférés. Cependant, je ne me voyais pas juste évoquer le film sans parler de cette scène et j’avais pour cela besoin d’un espace un peu plus grand. Au fond c’est sans doute ça grandir, regarder ses idoles et œuvres qui nous ont marqué avec un regard plus critique.

Il y a également tant de choses que j’aurai pu aborder, mais certains le font bien mieux que moi et j’essaye de préserver même dans ce format long le plaisir de la découverte.

Je tiens à remercier deux personnes sans qui cet article n’aurait pas été publié: Tinerion pour l’hébergement du blog et une seconde personne qui m’a aidé à trancher la manière d’aborder la scène problématique du film.

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